Bruno DESPLANQUES 

Comme un bruit de nature est le titre générique de mon travail pictural depuis une dizaine d’années.

Mes tableaux résultent de la superposition de touches de couleur appliquées à l’aide d’une truelle de maçon sur différents supports en vue de restituer la perception sensible des éléments naturels et de faire émerger des espaces perspectifs s’apparentant à des paysages sylvestres imaginaires.

Il s’agit, à travers une pratique expérimentale et intuitive s’exerçant sans dessin préalable entre contrôle et lâcher-prise, de révéler les pouvoirs évocateurs de la tâche, de la couleur, du geste.

Si on y retrouve la sensation des mouvements de l’eau, de l’air et de la lumière, des énergies créatrices qui nous animent et dont nous dépendons, il s’agit surtout de faire dialoguer le sujet et le médium : la nature et la peinture.

 

Il est question davantage de paysage de peinture que de peinture de paysage.

La vitalité des éléments suggérés, le foisonnement de la végétation emplissant l’espace librement sans limites apparentes sont pour moi une sorte de métaphore de la peinture, libre et désireuse de s’étaler, de se répandre et d’envahir l’espace même du support jusqu’à englober le spectateur lui aussi.

Comme à l’orée d’un bois ou d’une forêt profonde, un pied déjà dedans, le spectateur est invité à pénétrer dans la peinture avec le désir et la crainte mêlée de s’y perdre pour mieux s’y retrouver à moins que ce ne soit l’inverse.

Au-delà de l’usage traditionnel de la toile, l’emploi régulier d’un support en bois au format modulaire régulier (carré de 30 x 30 cm) permet, non seulement, de réaliser des fresques « panoramiques » sans limite ni contrainte de format, mais aussi, d’intégrer différentes configurations de lieux en prenant place selon des dispositifs de géométries variables dans des espaces intérieurs ou extérieurs, naturels ou architecturaux.

Par ajout successif il permet de repousser sans cesse le hors-champ et de répondre ainsi au désir de capter le paysage dans son immensité.

A l’inverse, par sa possible fragmentation, il permet des recadrages multiples, au gré des agencements, comme autant de focalisation sur des microcosmes à explorer dans les détails.

Ma peinture ne serait-elle pas un ensemble de parcelles de nature cherchant, au fil du temps, à se compléter et à se prolonger telle une cartographie à l’échelle 1 imaginée par Lewis Carroll ou par Jorge Luis Borges, pour saisir le réel et révéler son infinitude ?

 

 

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